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La multiplication des plantes

La multiplication des plantes contribue à la pérennisation des espèces cultivées au jardin ainsi qu’à l’introduction de nouvelles plantes, moyennant certaines précautions sanitaires.

Elle s’opère de façon végétative, par bouturage, marcottage, séparation des rhizomes ou des bulbilles, etc…, ou de façon sexuée par semis, principale méthode de multiplication des palmiers.

Seule la reproduction végétative garantit la reproduction fidèle des caractéristiqes des plantes considérées.

Le bouturage, en particulier, convient à beaucoup de vivaces, …mais la réussite n’est pas toujours assurée.

Les articles sur le bouturage sont pléthore et je n’aurai pas la prétention ici d’en ajouter un autre. Je mettrai juste en évidence les 3 règles qui m’ont parues, à l’expérience, les plus importantes; je donnerai enfin un aperçu des méthodes que j’ai employées.

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Les 3 règles de base du bouturage –

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1. Le traitement de la bouture : viser l’enracinement avant le dessèchement.

– Pour les plantes herbacées, je privilégie toujours une bouture en vert quitte à prélever une bouture plus courte, pour éviter une base ligneuse dont la reprise est en général plus laborieuse. Il faut bien comprendre que l’émission de racines suppose la formation préalable d’un cal cicatriciel à l’endroit où la bouture a été coupée. C’est plus rapide sur une bouture en vert que sur une tige ligneuse.

– Je coupe généralement les feuilles les plus grosses en deux dans le sens de la largeur pour limiter l’évaporation et éviter le dessèchement de la bouture avant sa reprise racinaire.

2. L’environnement du bouturage : créer un environnement chaud et humide.

– La chaleur stimule la pousse racinaire. Si la chaleur n’est pas au rendez-vous, il faut pouvoir l’ajouter. On verra comment ….

– L’humidité évite l’évaporation puis le dessèchement de la bouture avant que celle-ci puisse absorber l’eau par ses racines. Il faut donc aussi créer un milieu humide. La période critique est celle de la formation du cal cicatriciel.

3. Le substrat de bouturage : il doit être poreux.

– Sauf cas particuliers de plantes xérophytes, les racines des boutures ne se développeront qu’en présence d’un milieu humide. Le substrat utilisé doit être poreux pour retenir suffisamment l’humidité.

– Mais dans tous les cas, les racines ont également besoin d’air pour se développer. La porosité du substrat est donc essentielle pour contenir aussi l’air requis.

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Les méthodes que j’emploie –

 

La culture « à l’étouffée » :

Cette méthode consiste à coiffer la bouture par une bouteille plastique coupée et renversée afin de créer un milieu humide. Elle peut être employée tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, à condition qu’il fasse suffisemment chaud pour favoriser la pousse racinaire. Cela se présente ainsi :

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  Bouture a l'étouffée

Comme on le voit, ce système assure un microclimat humide autour de la bouture. On laisse le bouchon au début, puis on l’enlève pour aérer de temps en temps. L’arrosage se fait dans le récipient dans lequel sont placés les pots. On peut aussi placer les pots directement sur le sol. Dans tous les cas, l’eau monte dans les pots par capillarité; tant que la bouture n’a pas pris, on n’enlève pas les bouteilles pour ne pas risquer de bouger les boutures et de casser les radicelles.

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Le bouturage avec chaleur de fond

Une chaleur de fond peut améliorer le développement des racines. Mais il ne faut pas perdre de vue la nécessité de maintenir un degré d’hygrométrie important pour éviter le déssèchement de la bouture. Créer une serre chaude est un jeu d’enfant …avec un viel aquarium et une résistance chauffante. Voici ce que cela donne en images :

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Serre à boutures

Un vieil aquarium (vide !), un lit de sable régulièrement humidifié et chauffé par un cordon chauffant pour terrarium, un thermostat à sonde, un thermomètre de contrôle, et des feuilles de Mylar collées sur les parroies arrière et latérales pour réfléchir et accroître la lumière du tube horticole. Voilà une « serre à boutures » vite faite et à moindre coût. La température moyenne est d’environ 23 à 25 °. Il faut aérer régulièrement pour éviter les moisissures, …et ne pas oublier d’étiqueter chaque pot avec le nom de l’espèce et la date. Programmation du tube néon sur 24 heures : 16 heures de lumière et 8 heures d’obscurité.

La photo ci-dessus montre une première « époque » d’expérimentation du bouturage, dans des pots emplis de perlite pure.

La perlite assure à la fois la circulation de l’air entre ses grains et l’humidification par rétention de l’eau grâce à sa porosité, conditions propices au développement des racines. Elle est en outre exempt d’agent pathogène qui pourrait entrer dans la bouture par la plaie de coupe. Elle est très bon marché.

Quand au contenants, j’ai évolué dans la méthode. Les pots plastiques ont vite étés remplacés par des godets en tourbe. En effet, l’avantage sur un pot plastique est double : d’une part il permet de constater le développement des racines qui traversent les paroies du pot, d’autre part il évite l’opération de dépotage au moment du remportage qui est le second stade de perte des boutures. La reprise est quasi assurée et l’adaptation au nouveau substrat composé de terre et de perlite mélangées est progressif.

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Bouture Salvia x devantville à l'étouffée

Bouture de Salvia x devantville, 3 semaines après le début du bouturage. Le départ des jeunes tiges signifie que la bouture a déjà pris, bien que les racines ne transperçent pas encore les paroies. Dès que ce sera le cas, le pot sera placé dans un contenant plastique adapté (cf. infra : La culture après rempotage).

 Par la suite, j’ai évolué également dans le substrat utilisé. J’utilise désormais des pastilles de tourbe compressées qui présentent le gros avantage de ne plus avoir de substrat à manier.

La pastille de tourbe se présente ainsi :

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pastille de tourbe

La pastille de tourbe se présente en cylindre d’environ 8 mm de haut sur une largeur variable selon le choix offert en jardinerie; ici, une pastille de 35 mm de diamètre. La pastille est pré-percée partiellement en haut. Tel quel, …elle ne sert absolument à rien !

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Pastille de tourbe mouillée

… mais après 20 mn dans l’eau, la pastille se gonfle et quadruple de taille en hauteur. Elle mesure alors 3 cm de haut, et le préperçage est prèt à recevoir la bouture. La tourbe étant très poreuse, elle répond aux conditions propices au développement racinaire.

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pastilles de tourbe

On voit ici la différence entre la pastille sèche et après trempage.

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serre chaude à boutures

La pastille de tourbe une fois équipée de la bouture est alors placée dans la serre chaude jusqu’à ce que les racines apparaissent sur les côtés.

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Bouture sur tourbe

Exemple de développement racinaire sur bouture de Salvia mexicana.

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pastille de tourbe graine

Autre exemple avec ici la germination d’une graine de Canna indica dont les racines deviennent apparentes. La suite est alors très simple : je place l’ensemble en pot avec un substrat de terre mélangée avec de la perlite pour maintenir la porosité du substrat de rempotage. Le tout est placé en serre tempérée de reprise (cf. infra « La culture après rempotage »).

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La culture après rempotage :

On ne peut pas installer les boutures en pleine terre dès leur rempotage. Elle n’ont pas une masse racinaire suffisante et doivent se renforcer pour affronter les conditions de vie au jardin après cette période passée en serre chaude.

A cet effet, la bouture rempotée est placée en serre d’acclimatation à température tempérée (20 ° environ) équipée de tubes néon ou de  turbos néon horticoles.

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Serre tempérée

Après leur rempotage, les jeunes boutures sont endurcies progressivement et mises en croissance dans la serre tempérée avant leur installation au jardin. Là encore, la serre est peu coûteuse et facilement réalisée : un plateau en stratifié, une structure métallique pour étagères, des tubes horticoles de type « croissance », et des parroies amovibles en Mylar réfléchissant. Il est important de classer les plantes en fonction de leur hauteur et de leur besoin en eau pour simplifier l’arrosage. On voit ici que certaines fleurissent déjà comme Salvia miniata à gauche et un Lantana camara à droite (boutures de 3 mois à peine !). Programmation des néons sur 24 heures : 16 heures de lumière et 8 heures d’obscurité.

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Serre d'acclimatation

Dernière suggestion : ne pas prévoir trop petit. Cette serre est appelée à faire grandir les plantes avant l’accueil au jardin. L’espace se réduit très vite au fil du développement des plantes et cela pose quelques problèmes d’accès aux pots pour l’arrosage. Le confinement est également une source de développement des parasites ou des maladies.

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